Plus de 200.000 cartes électroniques déjà
distribuées, un million d'ici à l'été: le déploiement en Belgique de la
carte d'identité électronique suit favorablement son cours.
Le service public fédéral (SPF) Intérieur, par la voix de Denis Van
Melsen, le responsable du projet, a tenu une conférence de presse,
jeudi, sur le développement de l'eID (appellation officielle) dans
notre pays. À ce jour, plus de 220.000 citoyens ont troqué leur
ancienne carte contre une nouvelle carte à puce. Et Denis Van Melsen
espère atteindre le million pour l'été 2005, déjà. A l'horizon 2010,
tous les Belges de plus de 12 ans devraient ainsi posséder la « carte
d'identité format carte de crédit».
Satisfaction également pour le SPF Intérieur
concernant le nombre de communes qui délivrent les nouvelles cartes :
en 4 mois, 574 entités sur 589 ont basculé de l'ancien vers le nouveau
système. Les quinze communes restantes se partagent en deux groupes.
Neuf n'ont que des problèmes techniques appelés à être rapidement
réglés. Et, sur les six communes restantes, cinq manquent du personnel
adéquat envoyé par le fédéral tandis que la dernière, la petite commune
namuroise de La Bruyère, refuse toujours, par principe, de participer
aux frais d'une opération présentée par le fédéral comme blanche pour
les finances communales. Fin février, une réunion entre les différents
protagonistes devrait faire avancer le dossier.
Le SPF Intérieur s'était engagé, en septembre dernier,
à présenter, à intervalles réguliers, des applications concrètes pour
l'eID. Un représentant du Centre pour l'informatique (Cevi),
l'organisme responsable de l'accès aux cartes, a présenté toutes les
possibilités qu'offre la puce électronique. Deux communes, Bornem et
Woluwe-Saint-Pierre, ont quant à elles fait la démonstration des
facilités offertes par la nouvelle carte d'identité. Bornem permet la
demande de certificats et d'extraits divers, 24 heures sur 24 via
internet, tandis que Woluwe offre la possibilité de renouveler sa carte
de stationnement en ligne. Ces deux avancées ont reçu ex æquo, en
décembre 2004, un « e-gov award » d'Agoria, la fédération des
industries technologiques.
Selon les autorités, ces innovations devraient
permettre un gain de temps appréciable dans la gestion de la vie
administrative. Mais on n'en est qu'aux premiers balbutiements.
Certaines communes permettent déjà de commander des documents via leur
site internet, mais il faut toujours se présenter, in fine, à
l'administration communale. L'eID, couplée à un lecteur de carte ad
hoc, un ordinateur et une connexion internet, fera entrer le citoyen
dans une nouvelle ère de relations avec sa commune. Ce n'est pas pour
tout de suite, mais c'est pour bientôt.